le blog de Planète Bleu

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mardi 1 septembre 2009

Changer d’espèces ?

Depuis que vous les primates vous êtes rentrés de vacances - ça vaut aussi pour ceux qui n’ont pas bougé – c’est l’Arche de Noé, version bestiaire de ronchonneries en série.
Vous vous plaignez d’être traité comme un ban de sardines. Tout ça parce que la multiplication des petits pains, ça ne marche pas pour les bus, les métros ou les trains. Comme si grâce au miracle de la trêve estivale, des transports avaient fleuri du bitume ou s’étaient reproduits par parthénogénèse.
Idem avec la grippe cochonne. Il suffit qu’un troupeau de rugbymen se retrouvent KO pour que ça grogne. Pour certains bipèdes, on en fait des caisses et c’est trop. Pour d’autres, c’est le mode parano : j’embrasse plus et je ne serre plus aucune mimine, je placarde sur tous les murs du bureau « Port du casque obligatoire » et le lavage de mains tourne au TOC.
Les cochons sont décidemment très tendance en ce moment chez vous les primates. Avec la taxe carbone, vous vous plaignez d’être pris pour des cochons payeurs. Et apparemment, c’est pas au boulot qui vous arrivez à vous exfiltrer de cette ferme des contrariétés. Il parait que vous y êtes traités comme des bœufs, voir comme un chien.
Avec une pareille avalanche de noms d’oiseaux, c’est à se demander, si vous vous sentez si bien que ça dans votre peau d’humain. Même bien bronzée. A moins que tout ça ne cache un fantasme pas très avouable pour des primates : se métamorphoser en chat. Attention pas le genre hyper actif, style Catwoman mais plutôt grand sage zazen comme la majorité des matous tricolores.
Parce que c’st vrai, je comprends que passer sa vie – la vraie, pas celle des vacances - à glander, bouffer et dormir, ça fasse des jaloux. Alors, amis primates, bougez vous du coussinet et changez d’espèces. Et avant la fin de la mue, lisez ou relisez « Les racines du ciel » de Romain Gary. Là aussi, le héros Morel veut par amour des éléphants renoncer à sa qualité d’humain.
Mais n’oubliez pas non plus qu’on n’a pas encore trouvé mieux qu’un primate pour sertir des mots d’amour pareils à la nature. Foi de félin !
Alors toujours prêt à miauler ?

lundi 2 mars 2009

Gel, dégel… et paf !

Paf le chat. Et paf aussi la fille. Ma coloc’. Les vilains virus d’hiver ont notre peau plus ou moins poilue… Une situation d’autant plus vexante pour un félin qui croit mordicus à la barrière entre espèces et surtout avec les primates. Car c’est bien connu il n’y a qu’eux et les rats pour être capables de trimballer autant de miasmes avec un pelage aussi tristounet.
Foin d’esthétique mais c’est rageant d’avoir du mettre ses moustaches en veilleuse alors que l’an neuf a mérité dès les premiers jours quelques bons coups de mulot. Avec un temps à pas mettre un félin sur le pallier, voilà que pleuvent comme des giboulées, les conseils abscons. « Baissez le chauffage ! Mettez des pulls ! » Et tout ça en faisant appel à notre patriotisme climatique. Bientôt, on sera sommé d’aller sauver le soldat Ryan… A coup de pulls ?! C’est quand même pas le gang des matous AC/DC qui a exigé de goinfrer les radiat’ de Fée Electricité. Quant aux pelures supplémentaires, y a aussi des limites. Malgré son déguisement mi Michelin, mi Kosovar, ma coloc’ était bleu shroumph de froid. Et avec moi rien n’y fera, jamais je ne ressemblerai à un cabot nippon. Mes oreilles sont allergiques aux cagoules et mes omoplates à la layette rose Barbie ! Et puis si les maisons ont autant de trous d’air que des gruyères, allez plutôt demander des comptes à Mickey Mouse.
Toujours au rayon énergie, (pas la mienne, pauvre convalescente), 3 lettres font chaque fois boum chez les primates. Pas TNT mais EPR. Je vais encore me prendre un coup de souriceau sur les griffes mais vu de mon coussin, j’ai quelques doutes sur la sagesse de l’homo sapiens. Alors, avec un Lego pareil entre les phalanges… Mais comme il parait que seuls les 2 pattes ont le privilège de pouvoir choisir leur camp – pareil qu’avec l’OM et le PSG ou le fromage et le dessert – ,je me contente de la ramener sur ce qui me défrise le sous poil, c’est à dire le boulot. Oui, le taf’, le turbin, le tripalium. Pendant le Grenelle, ma coloc’ m’a assez saoulé, et le reste du monde aussi, avec tous les emplois verts qui allaient fleurir. (Rien à voir, bien sûr avec une quelconque colonisation de la planète Mars !)
Et là, paf le projet qui a besoin d'un minimum de bras.
Pour le new green deal, on repassera. Mais attention à pas se faire brouter l'herbe sous la patte. Car Obama, l'économie verte, c'est son truc. Et pas seulement pour gagner des voix chez les laitues et les pingouins. Pour que les salariés américains foutus à la casse par les vieilles industries reprennent racines dans un terreau tout nouveau, tout bio.
Changer et vite, pour ne pas un jour finir comme ces pauvres Mayas.
En plus, Obama, ça se miaule si bien...

lundi 22 décembre 2008

La pub prend l’eau…

Ca fait quelques jours que je me gratte frénétiquement l’oreille gauche avec la patte arrière. Rien à voir avec la rainette de météo France, il faut arrêter de confondre félin et thermomètre. Non chez moi, ça marque toujours une intense réflexion. Il n’y a pas non plus le moindre lien avec les menus de fêtes et leur traditionnelle cohorte de questions métaphysiques: comment tirer cet appétissant bouquet de crevettes sans chopper la nappe ? Ou comment croquer dans le foie gras sans imprimer une rangée de canines ?

Non, ce qui m’a valu une sévère séance d’épouillage par ma colocataire (l’hygiène, le prétexte rêvé des singes high tech pour revenir aux bonnes vieilles habitudes de la jungle !) est bien plus sérieux. Sur certaines chaines de la boite à image, il parait que la pub va engraisser comme un chapon de réveillon. Mais en même temps, sur d’autres étranges lucarnes, elle va petit à petit décliner comme le 1er panda venu et finir par devenir aussi légendaire que le regretté Dodo de La Réunion. A priori, en quoi ça peut ébouriffer mon poil soigné. Sauf que tout ça, ça peut nuire grave à notre petite planète.

Mais si, pour une fois mobilisez votre poignée de neurones pour autre chose que le décryptage d’une notice en mandarin traduite en langue de Molière par un Albanais. Il est prouvé et démontré scientifiquement – chasse d’eau à l’appui – que la réclame, c’est LE signe attendu par les primates téléphages pour soulager leurs sphincters. Un signal, certes subliminal mais suffisamment comminatoire pour percuter le cerveau reptilien. « Achtung, fenêtre de tir est ouverte. A vos litières ! » L’inimitable concerto que ça provoque dans les immeubles me pousse à militer pour le port du casque, au moins pour les castes félines. Mais cette pollution sonore tient du pipi de matou, à côté de toute cette eau sacrifiée sur l’autel du rituel. Car entre le conditionnement – au jingle pub, exfiltrage du canapé et sur le 1er spot, départ en jogging souple vers les sanitaires - et l’effet de meute, difficile de croire à la synchronisation millimétrée des besoins naturels. Nature ou culture, pour une fois, y a pas débat !

Alors, avec 2 fois plus de signaux, ce sera la fête au Niagara tous les soirs. Le Katrina des égouts ! Et après pareille orgie d’histoires d’eau, j’entends d’ici les ricanements du p’tit d’homme quand son primate de parent exigera qu’il coupe le robinet pour s’astiquer les crocs !

Vous imaginez aussi tous ces wawa qui vont se prendre pour la tour Eiffel en pleine coupe du monde de rugby. Sauf que là, les minutes clignotantes il va falloir les multiplier par les millions de tanières d’hominidés. Remarquez avec les basse conso, le temps qu’elles chauffent ce sera bientôt plus la peine d’éteindre cet endroit où même le roi est cessé aller à pied !

Et qui a mesuré les conséquences sur le tour de taille des primates « puborégulés » ? Comme pour le bipède tout est lié, après la vidange, il file direction la caverne à douceurs pour se remplir de nouveau. C’est pavlovien ! Et puis, des fois qu’on manquerait : les frigos vides des cavernes, ça vous marque une espèce. Mais comme la navette canapé/sanitaire/cuisine et retour n’est ni homologué au JO, ni comparable à un gymkhana dans les arbres, j’entends d’ici les calories se frotter le noyau.

Alors peut-être qu’il va falloir passer à des fauteuils adaptés au spectateur en fonction de son prorata de pub et de sa circonférence. Peut-être même qu’on aura droit aussi à de nouveaux slogans, voire tags : « La pub nuit grave aux fosses septiques », « Non à la pub dans les cuvettes »…

Donc, soit vous adhérez aux Publivores Repentis, soit comme moi, vous revenez à la bonne vieille litière. Et ça n’égratignera même pas votre dignité d’hominidés car dès qu’on se dresse sur 2 pattes : ça s’appelle des toilettes sèches !

lundi 15 décembre 2008

Vous, les singes !

Ca devait arriver. Le primate humain est la seule espèce à avoir réussi à faire bosser toutes les autres. Sans exception. Même le ver de terre est employé municipal dans certaines déchetteries ! Il n'y avait donc aucun espoir pour un modeste greffier parisien comme moi d'y échapper. Bon, c'est vrai que j'ai un peu pris les croquettes pour me faire battre ! A force de commenter tout, voir n'importe quoi et surtout l'écologie, ma coloc' à 2 pattes a fini par piéger ma langue râpeuse. Et me confier la souris ; ça va que j'ai l'atavisme paresseux !
Cette semaine et déjà la précédente, ce qui m'a mis la queue en épi de maïs, c'est la réunion de tous les grands singes de la planète armés de thermomètre pour parler climat. Pourtant, ça commençait bien : Poznan, quel mot sympa à miauler ! Mais parler de réchauffement des températures en plein hiver polonais, difficile pour un félin forcément frileux de ne pas voir l'intrus dans la phrase. Mais admettons. Alors, puisque ça chauffe vraiment, tous les primates présents telles des mouettes mazoutées ont juré la patte sur le cœur de se désengluer au plus vite des vieux fossiles (bien sûr, je ne parle de leurs chefs mais des énergies). Et pour ça, vous devez toujours sacrifier à un rituel immuable chez vous, les cousins des chimp' : les palabres. Mais bien sûr tout ce bruit avec la bouche, quelques fois avec les mains, nécessite absolument de se voir et de se renifler. Ce serait sans doute trop peu humain, de calculer le CO2 émis par 12 000 bipèdes par temps de planète ébouillantée.
Mais revenons à nos primates. L'enjeu est bien de demander non pas à la lune mais au soleil et au vent, d'empêcher qu'une partie de la planète ressemble demain après-midi à des chipolatas ultra barbecuées et l'autre moitié à une serpillère potomane. Et pour empêcher ça, il faut d'énormes boulettes d'euros, de dollars, de yen... Mais là, il paraît que madame La Crise a piqué sa crise, les poils du dos dressés comme la crête d'un Iroquois. Oser lui parler d'investir pour l'avenir alors qu'elle fait des double salto arrière depuis des mois ! L'avenir, d'abord par définition, c'est loin. Et c'est aussi risqué que quand ma coloc' me promet du parmesan et que le sachet fini dans ses pattes et ses pâtes. Bonjour, le retour sur investissement.
En prime, devoir aider des territoires si pauvres que même mon panier est plus douillet que leur case, ça chagrine énormément le primate humain depuis qu'il est descendu des arbres. Jadis, comme tous les autres singes, en période de disette, vous partagiez les plus beaux fruits et les femelles les plus aguichantes. Aujourd'hui, après bien des siècles moins policés, vous n'osez plus aiguiser vos canines et vous battre le torse, non, vous la jouez comme au bac à sable.
Alors qu'un petit félin y gratte innocemment ses pattes arrières, un petit d'homme, lui, passe sa récré à narguer les autres Schtroumpfs : « mon sceau et ma pelle, y son tellement forts qu'ils polluent même pas et sur mon tamis, je peux téléphoner à mon père ! » L'équipement interstellaire est alors furieusement convoité par un autre 2 pattes miniatures ce qui lui coûte une giga frustation ou un max en Carambars.
L'Europe, elle, c'est plutôt comme l'Ecole des fans : à la fin, tout le monde gagne. On sait pas encore bien quoi mais il paraît que c'est comme ça qu'on devient chef de classe. Et de toute façon, même si des fois on perd un peu, c'est mieux qu'à la Star Ac', on revote ! Mais là, je m'égare.

Si les félins dominaient le monde, tout serait bien plus simple. George Clooney n'aurait peut-être pas de machine à café car c'est bien connu, les chats ne s'intéressent qu'au baby foot, à la bière et à la gaudriole. Mais au moins, pas besoin d'électricité, surtout la nuit.